EP – Birmani

Sorti le 7 avril 2018

Fuudge n’est pas seul dans l’univers psychédélique et stoner au Québec, et le jeune trio Birmani essaie aussi de se tailler une place à grands coups de décibels et de fuzz. Le premier EP sans nom ne nous laisse aucun doute sur la direction très claire que prend le groupe.

Lourdeur dans la musique et déprime dans le titre : L’hiver (est long en criss) ne laisse pas beaucoup d’espace pour qu’on entende clairement les instrument, ni la voix d’ailleurs, mais la piste instaure bien le mood général du EP. Si le côté lourd et saturé est bien la marque de commerce que tente d’instaurer Birmani, un côté plus rock énergique se fait pourtant bien entendre avec Maison hantée, sauf qu’on a oublié de baisser les effets en conséquences pour mieux apprécier cette chanson qui n’en avait pas besoin, du moins pas autant. Mieux vaut tard que jamais : on entend notre demande à Esna, du moins pour la musique, puisque l’on décide de garder la voix noyée dans les effets. On remarque quand même que le chant s’y fait plus discret, laissant place à une importante portion instrumentale qui ne fait pas de mal.

L’interlude de drone David 58-11 coupe le EP en deux. Mais la seconde partie ne change pas beaucoup par rapport à la première. Le rock lourd et la voix pas claire font leur retour dans Bye, qui bénéficie quand même d’une convaincante fin de piste instrumentale. Étrangement, même si le son demeure essentiellement le même durant tout le mini-album de 26 minutes, c’est peut-être dans la finale Feu de cendres que l’on sent que la voix, même peu mise en valeur à cause de sa présence diluée dans les effets, appuie le mieux le reste de la musique. À noter qu’il s’agit aussi de la plus longue chanson du EP, mais qu’elle jouit encore d’une partie instrumentale très réussie qui finit le tout sur une bonne note bien désaccordée… On ne pouvait pas s’attendre à autre chose!

Ce premier mini-album montre avec une certaine assurance la direction que souhaite prendre Birmani, sacrifiant au passage des paroles que l’on n’entendra que péniblement pendant l’essentiel de l’écoute au profit de beaucoup d’effets qui plairont aux vrais amateurs de stoner rock. Le public cible est clair, mais il nous semble que ça manque un peu de surprises dans le registre, alors qu’il existe déjà une certaine offre ailleurs. Le défi si Birmani ne veut pas lui-même être noyé dans la masse sera de se démarquer d’une façon ou d’un autre à travers sa proposition musicale. À suivre.

Vous pouvez entendre cette musique sur Bandcamp.

À écouter : Esna, Feu de cendres

6,9/10

Par Olivier Dénommée

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