88 – Cédric D. Lavoie

Sort le 23 novembre 2018

Quand on pense à Cédric Dind-Lavoie, on le voit spontanément derrière sa contrebasse avec laquelle il a accompagné plusieurs artistes de différentes scènes, du jazz au populaire en passant par la musique du monde. Il surprend donc en lançant l’album 88 sous le nom Cédric D. Lavoie, composé et joué en grande partie au piano.

On découvre ce côté un peu néoclassique très épuré dès les premières notes de Le début de la fin. Lavoie y joue le piano, mais aussi la basse à l’archet. La lenteur est aussi le mot d’ordre de cette première piste, suivie déjà du bref Piano Interlude No.1. Il y a quelque chose de très intime dans l’enregistrement, puisqu’on a l’impression d’entendre tous les petits sons normalement indésirables, comme s’ils faisaient partie intégrante de l’œuvre. Les «bruits» sont encore plus présents dans la suivante, Ghost in the Machine, devenant un peu envahissants au fil de l’écoute puisqu’on entend ce bruit percussif incessamment pendant tout près de 5 minutes nous faisant presque oublier le build-up très réussi des instruments. Cela nous permet d’apprécier encore plus la beauté de Désescalade, se terminant aussi avec une montée en intensité, mais sans distraction possible.

Un familier Piano Interlude No.2 nous mène à la seconde moitié de l’album, débutant avec Le bout de l’île. On y entend une «faible tempête de neige» laissant place aux instruments, dont des percussions qui ajoutent de l’intensité à la proposition autrement très feutrée. Un dernier interlude (Piano Interlude No.3) nous mène ensuite à Etude sur du masking tape, probablement la pièce la plus chargée musicalement de tout l’opus et aisément parmi les plus mémorables. La tension redescend au minimum pour conclure avec la douce [Outro].

On a entendu quand même pas mal d’albums basés sur le côté intime du piano ces dernières années, mais il faut dire qu’aucun n’avait été enregistré avec cette esthétique particulière. C’est peut-être parce que Lavoie n’est pas pianiste avant tout, mais il y a un côté très intuitif à ses compositions qui semblent s’écouter de mieux en plus d’une fois à l’autre. Il nous semble que 88 arrive pile au bon moment dans l’année pour pleinement apprécier cette musique particulière. À écouter autant que possible dans un climat serein.

À écouter : Désescalade, Le bout de l’île, Etude sur du masking tape

8,1/10

Par Olivier Dénommée

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