2018 : top 5 d’Olivier

On a eu droit à une année riche en sorties musicales et c’est sans prétention que je pense que j’ai réussi à en écouter une bonne partie au fil des mois. Parmi les 143 longs jeux parus en 2018 que j’ai critiqués (année record de mon côté!), voici ce que je retiens dans mon palmarès très personnel de 2018. Tout d’abord, le top 5 :safia nolin dans le noir5. Dans le noir – Safia Nolin

Après un premier album qui lui a permis de se faire découvrir par le grand public en 2015, Safia Nolin retenait l’attention, pour les bonnes raisons ou non. La sortie de son deuxième album de compositions, Dans le noir, nous confirme que l’artiste a plus que jamais beaucoup à dire – mentionnons les incontournables Je ne comprends pas et Lesbian Break-up Song – même si ce n’est pas le bonheur qui l’étouffe.

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janelle monae dirty computer4. Dirty Computer – Janelle Monáe

L’Américaine Janelle Monáe rate rarement sa cible dans son troisième album Dirty Computer, livrant un opus inspiré et varié qui devrait résonner longtemps dans les haut-parleurs de plusieurs minorités qui méritaient de faire entendre leur voix à travers une artiste de cette trempe. Le seul défaut de l’album est qu’il aurait pu être rendu plus accessible à ceux qui auraient vraiment besoin d’entendre les messages souvent critiques et revendicateurs, mais tout à fait pertinents, de Janelle Monáe. Pensons seulement à ses chansons Pynk et Americans, de véritables coups de poing musicaux.

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bears of legend a million lives3. A Million Lives – Bears of Legend

C’est avec une petite dose de scepticisme que j’ai accueilli A Million Lives, troisième album de Bears of Legend : le groupe passait d’un son folk rock à une approche flirtant davantage avec la pop à plusieurs reprises. Mais au final, le résultat est tout sauf décevant et mérite parfaitement sa place parmi les albums marquants de l’année. En espérant que ce virage ne soit pas qu’un interlude dans le parcours d’un groupe plus que prometteur.

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will driving west silence2. Silence – Will Driving West

Je suis le premier à le dire : Will Driving West a atteint un sommet lorsqu’il a lancé son précédent album Fly, mais il a poursuivi son évolution en beauté (et en qualité technique) avec Silence. L’album est encore tout jeune, lui qui est paru en novembre (ce qui pourrait expliquer pourtant autant de tops de fin d’année l’ont boudé), mais il semble mieux sonner à chaque nouvelle écoute. Les chansons Anchors, Cannonballs ou And the Sky Turned Blue mériteraient une place de choix dans toutes les bonnes playlists indie folk.

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spiritualized and nothing hurt1. And Nothing Hurt – Spiritualized

Je ne connaissais pas Spiritualized avant d’écouter son huitième album, et je n’avais aucune idée que l’album And Nothing Hurt se retrouverait ainsi dans mon top de l’année avant les dernières heures. C’est en relisant ma critique que j’ai réalisé que cette œuvre signée Jason Pierce méritait pleinement cette position dans mon humble liste : «Si tous les albums étaient enregistrés avec le même soin peu importe le registre, l’industrie de la musique se porterait probablement beaucoup mieux». Spiritualized a mis le paquet dans ses compositions et ses arrangements et cet album et nous rappelle au passage que c’est parfaitement normal qu’un groupe prenne 6 ans avant de lancer du nouveau matériel si c’est pour nous livrer un résultat aussi impeccable que celui-ci.

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Je poursuis une tradition des dernières années en élargissant mon top à cinq mentions supplémentaires, sans ordre particulier dans le classement :

  • Inscape – Alexandra Stréliski : J’ai écouté une bonne douzaine d’albums au piano cette année, et l’amoureux de musique instrumentale que je suis les a trouvés plus inspirants les uns que les autres. J’ai quand même eu un petit faible particulier pour Inscape d’Alexandra Stréliski, une musique aux tendances néoclassiques dotée d’une sensibilité pop rafraîchissante.
  • More or Less – Dan Mangan : L’efficacité de Dan Mangan est redoutable dans More or Less, sa cinquième offrande studio. Un peu contrairement à Spiritualized qui frappe fort au niveau des arrangements, Mangan est à son meilleur avec un folk dénudé, laissant toute la place à ses mélodies.
  • Heart to Mouth – LP : Pour beaucoup de critiques spécialisés dans le fabuleux monde de la musique émergente, le terme pop fait peur. LP (Laura Pergolizzi) nous aide un peu à nous réconcilier avec la pop, elle qui compose des chansons efficaces tant dans le registre énergique que dans l’émotif. En fait, notre grand coup de cœur de l’album Heart to Mouth est la puissante Recovery, où elle laisse entendre au passage toute sa vulnérabilité.
  • Ne parle pas aux étranges – Marie Claudel : Marie Claudel (anciennement MCC) a grandement gagné en assurance depuis qu’on l’a découverte en 2017 dans le cadre des Francouvertes. Elle a livré un premier album inspiré et assumé qui ouvre la voie pour, on l’espère, beaucoup d’autres belles chansons dans le futur.
  • Dance on the Blacktop – Nothing : Dance on the Blacktop, troisième effort studio du groupe américain Nothing, est tout un exercice de style nous ramenant au meilleur des années 1990, mais vise juste dans bien des cas, que ce soit dans Blue Line Baby ou dans You Wind Me Up, par exemple. C’est lourd, c’est dense, et c’est surtout sans compromis. Tout le monde n’aimera pas, c’est évident, mais il y a quelque chose dans cette proposition que j’ai trouvé franchement séduisant.

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Découverte de l’année : Charbonneau ou Les valeurs à’ bonne place, volume 1 – Hugo Blouin

Disons que cette sortie est un peu hors catégorie, mais qu’elle mérite pleinement une mention cette année : le projet fou d’Hugo Blouin et de ses comparses de mettre en musique les déclarations les plus juteuses de la Commission Charbonneau a véritablement été un coup de génie. Charbonneau ou Les valeurs à’ bonne place, volume 1, c’est le meilleur des deux mondes entre un jazz intelligent et un opus chargé d’humour. Tant qu’il y aura de la corruption au Québec (et quelque chose nous dit que c’est pas demain la veille que ça va changer), cet album sera comme un petit baume pour le cœur. Si tous les croches de ce monde ne se retrouvent pas en prison, au moins ils ont l’air fou le temps d’une toune. On se console comme on peut! Vivement une suite!

Critique de salon ne prend pas de pause et continuera en 2019 de publier presque chaque jour des critiques honnêtes de tout ce qui nous entre dans l’oreille (ou presque). Merci à nos lecteurs, et en espérant que l’année prochaine nous gâte encore plus en musique!

Par Olivier Dénommée

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