La femme taupe – VICTIME

victime la femme taupeSorti le 23 février 2018

Fondé en 2016 à Québec, le trio VICTIME n’est pas là pour épargner nos oreilles, bien au contraire! Quelque part entre le dance punk et le noise rock, le son du groupe est intense à souhait et ne fait pas dans la nuance. Son premier album (pas si long) La femme taupe en est un exemple particulièrement concret.

Dès la première piste, Herbes et curiosités, on se plonge dans une énergie nerveuse et souvent déstabilisante – merci à l’arrivée du sax vers la moitié de la piste – qui n’est pas pour toutes les oreilles, mais qui peut aussi attiser la curiosité de plusieurs auditeurs avides de nouvelle musique. Si vous êtes dans la seconde catégorie, il y a bien quelques chansons qui valent le détour : déjà, Virus super danger, Fatigue, Labyrinthe, Mon tatouage et Brocher un doigt gardent leur côté brut, garage et criard, mais elles demeurent somme toute assez efficaces. Le plus dur est de les apprivoiser au début, puis après on peut faire des liens avec d’autres groupes. Parfois, on sent le côté irrévérencieux de Zen Bamboo ou encore des lignes musicales nous rappelant celles de Corridor.

On a aussi des pièces de remplissage (c’est en tout cas l’impression que ça donne), comme Capitaine plaisir où on ne comprend rien à part que ça «varge» pendant une minute et demi et La femme taupe qui joue une petite toune avec des sons de synthé. Quant à Le retour de la femme taupe, on abuse des drones. Disons que ça ne cadre pas très bien avec l’énergie générale de l’opus, chargé et tendu, mais quand même doté d’une certaine cohérence. D’ailleurs, mentionnons la dernière chanson, la sympathique Course de moto qui nous fait presque oublier les écarts de VICTIME au fil de l’album. Son build-up à la fin peut difficilement mieux tomber.

Remarquons aussi au passage la courteur des chansons, alors que peu dépassent les 3 minutes. Bref, cette musique est intense, mais ça passe très vite et l’album est fini avant qu’on ait le temps de comprendre ce qu’on vient d’écouter. À moins de complètement détester le registre, il vaudrait peut-être la peine de l’écouter 2 ou 3 fois pour voir si vous aimez ça. Bonne nouvelle, l’album ne fait que 28 minutes, ce qui aide franchement à sa digestion.

VICTIME propose un bref album niché, mais en général très assumé, qui a malgré tout beaucoup de qualités. Bon, l’accessibilité n’en est pas une, mais il y a une vraie tentative pour définir sa signature sonore, qui devrait pouvoir encore se peaufiner avec le temps. La femme taupe n’est pas encore tout à fait mûr, mais ça n’empêchera pas quelques mélomanes audacieux en quête de rébellion d’y trouver le compte. Prêtez-y donc une oreille, au cas!

Cet album se trouve notamment sur la page Bandcamp du groupe.

À écouter : Fatigue, Brocher un doigt, Course de moto

6,9/10

Par Olivier Dénommée

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