Chansons possibles et impossibles – Boris Vian

boris vian chansons possibles et impossiblesSorti en 1956

Rassemblant les chansons «possibles» et «impossibles» enregistrées dans des EP parus l’année précédente, l’album Chansons possibles et impossibles de Boris Vian (l’un des rares ou l’on peut l’entendre interpréter ses propres chansons) est un parfait exemple de textes porteurs de messages puissants, parfois drôles, mais surtout incroyablement réalistes et en avance sur leur temps.

Les joyeux bouchers fait grincer des dents avec son motif «faut qu’ça saigne» qui revient sans cesse, mais qui dépeint une société surconsommatrice… des années 50. Vian n’aurait pas plus mieux viser et ce tango peu élogieux des différentes castes du monde reste un peu trop en tête. Juste après, Bourrée de complexes dépeint l’histoire de Marie-France, jeune femme mariée à un «coquelicot» déjà fané, que l’on finit par deviner homosexuel. À la fin de la chanson, Marie-France finit par devenir un homme et ils vécurent heureux. La mélodie est peu intéressante (beaucoup moins que l’histoire, disons-le). C’est très agressif et au niveau de l’accompagnement, ça ne s’arrange pas plus. C’est un peu trop lourd et trop peu changeant. Avec un texte comme celui-là, on aurait aimé un peu plus de couleurs et de variations musicales.

Je l’ai d’abord découverte grâce à la reprise qu’en a fait Andrea Lindsay dans son disque Entre le jazz et la java, La java des bombes atomiques est un pur bijou sur tous les aspects. Premièrement, musicalement on nous offre une mélodie accrocheuse mariée à des paroles captivantes qui racontent une histoire franchement hilarante et surprenante. L’arrangement tout simple suffit pour porter le message de cette pièce intemporelle. Dans le même courant d’idées, On n’est pas là pour se faire engueuler est un autre morceau difficile à ne pas aimer. Comme quoi, lorsque Vian préconise un style jazzé, il est définitivement dans son élément, d’autant plus que son humour est séduisant.

Juste après, c’est la très populaire J’suis snob qui se fait entendre. Un classique, ça reste un classique. Plus la chanson avance, plus c’est drôle, plus c’est snob, plus on sent le dédain de Vian pour ces snobinards qu’il critique sans sa pièce. Pas pour rien qu’elle est aussi connue et adorée. Ensuite, on a bien sûr quelques pistes plus douces, plus introspectives comme Je bois et Le déserteur qui sont jolies et très écoutables. Puis on termine sur trois titres facilement oubliables (je dois d’ailleurs avouer qu’après plusieurs écoutes de l’album, je n’arrive toujours pas à me rappeler de celles-ci). Comme quoi, finalement, on peut facilement se concentrer sur les sept premières pistes du disque.

Je découvre Boris Vian, comme vous sans doute je ne connaissais que J’suis snob, et je me retrouve très heureuse de pouvoir y trouver un poète musical accompli. Évidemment, ses interprétations n’ont rien de bien extraordinaires et sa voix très quelconque mais franchement, ses poèmes avant-gardistes ont de quoi en faire réfléchir plus d’un.

À écouter : La java des bombes atomiques, On n’est pas là pour se faire engueuler, J’suis snob

7,2/10

Par Audrey-Anne Asselin

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