Baignades – Des Sourcils

des sourcils baignadesSorti le 13 avril 2018

Pendant que The Lost Fingers est devenu un groupe d’albums de Noël, le trio Des Sourcils remet le jazz manouche à l’avant-plan. Après une saucette (un EP) il y a quelques années, le groupe formé de Mathias Berry, Antoine Angers et Alexis Taillon-Pellerin (si certains noms sont familiers, c’est que deux des trois sont aussi membres de Harfang, dans un tout autre registre!) a lancé Baignades, un premier album complet, en 2018.

Le trio nous offre ici un manouche instrumental assumé et très sympathique à l’oreille. Les pièces sont aussi toutes des compositions originales, alors ne cherchez pas de reprises «manouchisées» ici! Radiology nous met dans le bain sans attendre, livrant au passage un premier solo de guitare. On a aussi droit à un Serpents et échelles léger et bien ensoleillé. On sait aussi ralentir le rythme à l’occasion, comme on peut l’entendre dans À vélo les Gitans! (avec la participation de Sylvain Neault au violon, qu’on entendra à quelques autres reprises à travers l’opus). Bref, Des Sourcils maîtrise bien les codes du registre, mais évite le piège des tounes presque identiques. Du moins jusqu’ici!

C’est par la suite qu’on sent quelques répétitions ici et là : Jardin calme retourne un peu dans le registre de Serpent et échelles, en un peu plus doux, alors qu’on sent un côté trop familier à Valse Dimanche, comme si on l’avait entendu 100 fois même à sa première écoute. Quelques autres pièces plus loin sont dans la même situation, ce qui dilue quelque peu le côté rafraîchissant que les meilleures compositions nous apportent.

En fait, les morceaux qu’on retiendra davantage au fil de l’album de 12 pistes sont probablement Con palo, Siberia (avec la collaboration de l’excellent Denis Plante au bandonéon) et la toute dernière, l’émotive Diluvienne, No. 1. Merci au violon pour ajouter à l’intensité du moment! Le reste, loin d’être mauvais, a simplement le défaut de ne pas assez se démarquer de ce que ferait n’importe quel autre groupe de jazz manouche.

C’est un beau défi que s’est donné Des Sourcils avec son album Baignades. Il est déjà dur de complètement réinventer un registre aussi spécifique que celui-ci et les musiciens se sont ajouté la difficulté supplémentaire de ne faire appel à aucun vocaliste. On sent qu’il touche quelque chose en incorporant quelques artistes invités dans certaines pièces, une avenue qu’il pourrait continuer d’explorer dans le futur. Sinon, côté qualité de la proposition, les musiciens sont solides et livrent un produit bien assumé. Certes, les habitués du genre qui ont la discographie complète de Django Reinhardt ne seront peut-être pas épatés, mais ça reste rafraîchissant dans le paysage québécois.

Cet album peut être entendu sur la page Bandcamp du groupe.

À écouter : Con palo, Siberia, Diluvienne, No. 1

7,4/10

Par Olivier Dénommée

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