Resist – Within Temptation

within temptation resistReSorti le 1er février 2019

Le groupe de métal symphonique néerlandais Within Temptation est dans le paysage depuis belle lurette. Dans mon cas, et j’ose imaginer dans celui d’autres persones, certaines de ses chansons ont occupé une place particulière dans mon adolescence et dans le début de l’âge adulte. Disons que l’arrivée de son septième album, Resist, a vite éveillé cette nostalgie enterrée depuis 10 ans, surtout que le groupe n’avait pas lancé de nouveau matériel depuis Hydra en 2014.

Pas mal d’eau a coulé sous les ponts depuis le temps : la chanteuse Sharon den Adel a connu le syndrome de la page blanche et a enregistré un album solo aux tendance indie pop (!) pour son projet solo. Lorsque Within Temptation est retourné en studio, les membres ont voulu s’inspirer davantage de la musique pop, sans pour autant perdre leur son distinctif. Il est tout de même facile d’entendre ce désir de ne pas s’adresser qu’aux métalleux purs et durs avec Resist; la question est à savoir si le résultat est à la hauteur!

L’album ouvre sur l’extrait The Reckoning, mettant en vedette la voix de Jacoby Shaddix (Papa Roach). Choix audacieux de mettre en introduction un son plus électronique, s’éloignant sensiblement du son qui a fait la renommée du groupe, qui ne plaira pas à tous. En fait, la mélodie de synthé laissera tièdes plusieurs auditeurs, même si les mélodies sont plus réussies. Il faut reconnaître que la voix de Sharon den Adel est toujours aussi envoûtante et qu’elle a cette qualité de bien se marier avec à peu près n’importe qui d’autre!

Endless War ralentit le tempo et se fait beaucoup plus intense, autant dans les lignes de la chanteuse que dans la construction musicale. Aussi ironique que cela puisse paraître, cette excellente piste ne figure même pas parmi les singles de l’album, pourtant déjà bien nombreux. En revanche, les suivantes le sont : Raise Your Banner (avec Anders Fridén de In Flames) mise sur sa lourdeur et sur un refrain qui sonne familier alors que Supernova contient des influences plus EDM. Dans ce dernier cas, c’est certes rafraîchissant, mais pas nécessairement mémorable.

Holy Ground pousse même le bouchon en tentant un semblant de passage rap à l’entrée de den Adel. Au moins, les couplets sont courts et le refrain compense largement pour cette expérimentation mitigée. S’ensuivent deux autres singles, In Vain, réussie mais renfermant peu de surprises, et Firelight, qui devait initialement se retrouver dans le projet solo de la chanteuse. L’enrobage a bien sûr changé, et on y inclut la voix de Jasper Steverlinck (Arid), mais ça paraît que la piste n’a pas été écrite dans le même esprit que le reste de l’album.

Cependant, rien à redire sur la force de Mad World, une des chansons les plus mémorables dès la première écoute. Encore une ironie, mais elle a aussi été écartée comme extrait. Décidément! Elle est suivie d’une autre des meilleures chansons de tout Resist, Mercy Mirror. Plus émotive et surtout plus près de la power ballade, la chanson met pleinement à profit la capacité de la chanteuse à créer des frissons dans ce registre, chose qu’elle fait depuis bien longtemps. On laisse le dernier mot à Trophy Hunter, mêlant lourdeur et mélodie forte. La chanson n’a pas à être gênée d’être placée à cet endroit stratégique, au contraire! On pense seulement que les dernières secondes étaient de trop, mais bon, c’est un détail rendu là!

Pendant toute la journée où j’ai écouté l’album Resist, je me suis demandé si je devais l’écouter avec ma tête ou avec mon cœur. J’ai décidé de le faire avec les deux. La tête a somme toute apprécié l’expérience, malgré quelques écarts trop «pop», mais c’est mon cœur qui a trouvé l’écoute plus laborieuse. La nostalgie jouant un rôle important dans cette déception partielle. Il y a bien quelques excellentes chansons, mais celles-ci ont toutes été écartées par le groupe lui-même qui a pourtant présenté la moitié de l’album (5 chansons sur 10, au moment de publier cette critique!) en extraits. Bref, avis aux vieux fans : pour pleinement apprécier l’album, il faudra probablement laisser votre nostalgie au placard pendant 47 minutes.

À écouter : Mad World, Mercy Mirror, Trophy Hunter

7,4/10

Par Olivier Dénommée

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