C’est la fin du monde à tous les jours – Lou-Adriane Cassidy

lou adriane cassidy c est la fin du monde a tous les joursSorti le 8 février 2019

Cela fait déjà quelques années que Lou-Adriane Cassidy taille sa place dans le milieu de la musique au Québec, d’abord comme interprète puis comme compositrice, causant la surprise concours après concours. Dernièrement, on a pu la voir se rendre en finale des Francouvertes 2018. Elle était plus que mûre pour un premier album solo. C’est maintenant chose faire avec C’est la fin du monde à tous les jours, un album drôlement mature pour la jeune femme.

La (presque) chanson-titre La fin du monde à tous les jours nous permet de confirmer que la chanteuse sait non seulement composer, mais aussi bien s’entourer pour créer des arrangements convaincants. Les couplets discrets laissent place à des refrains beaucoup plus assumés, ajoutant à l’effet très réussi. Petit bémol pour la fin de la chanson, un tantinet trop intense et chaotique, mais dans l’ensemble, excellente entrée en matière.

Après une Poussière qui laisse surtout la vedette à la basse groovy, Lou-Adriane passe brièvement au folk dans Respiration. Le folk est de courte durée et une instrumentation plus rock arrive pour davantage d’intensité pour appuyer le propos de la chanson. En fait, plusieurs changements d’énergie à travers la piste d’un peu moins de 5 minutes nous feront penser aux techniques de Karkwa.

On peut apprécier une Lou-Adriane Cassidy plus douce et mélancolique dans Il pleut, même si la chanson gagne en intensité à quelques moments. Mon bel antidote reste dans la douceur, du moins dans la première moitié de la piste avant que tout le groupe n’ajoute sa touche plus rock. Cela ne l’empêche toutefois pas de revenir à la chanson folk le temps de l’extrait Ça va ça va. À part un bref moment plus sombre vers la fin, la chanson se défend fort bien.

Après une portion relativement douce, on nous réveille avec Les amours immatures, morceau beaucoup plus chargé, mais d’autant plus réussi. L’interlude au piano Vivi nous mène ensuite à Ce qu’il reste, avec un son de basse envahissant qui nous lâchera après une longue minute. Heureusement, la suite s’écoute mieux. L’exercice se termine avec la sombre et minimaliste La petite mort.

Même après quelques bonnes écoutes, pas facile de tout assimiler ce que nous propose Lou-Adriane dans son premier album. Des arrangements souvent riches et surprenants, des textes forts et une voix magnifique, mais qui n’est pas toujours pleinement mise en valeur. Oui, il y a quelques inégalités et on a senti que quelques moments étaient plus «forcés» dans la construction de certaines chansons, mais dans l’ensemble, la jeune artiste fait un statement fort pour nous confirmer qu’elle prend la musique très au sérieux. Reste à mieux préciser sa direction et à exploiter encore mieux ses forces.

Vous pourrez retrouver cet album sur Bandcamp.

À écouter : La fin du monde à tous les jours, Respiration, Les amours immatures

7,7/10

Par Olivier Dénommée

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