Antoine Lachance – Antoine Lachance

antoine lachance antoine lachanceSorti le 8 février 2019

Antoine Lachance s’était lancé dans la pop orchestrale sur son premier album en solo, Cimetière d’avions qu’il a lancé en 2016. On l’avait découvert l’année suivante et on avait bien apprécié la force de ses arrangements et la mélancolie dans la voix. Depuis, on se demandait quand il lancerait une suite à cet effort. Sa réponse a été un album homonyme décrit par plusieurs médias comme étant dansant. Dansant?!

On l’avoue, cela a créé un petit stress. On imaginait mal Antoine Lachance emprunter cette direction, même si on pouvait comprendre son désir de rendre sa musique plus accessible. Bonne nouvelle : ceux qui affirmaient qu’on avait droit à un album dansant ont menti. Oui, certains arrangements sont moins sombres que par le passé, mais on ne renie pas complètement ce qu’il a fait auparavant non plus.

Après l’intro Le vertige de l’impossible, Rien sans toi démarre l’album nous confirme la direction que prend le musicien, avec une musique chargée et très mélodique pour appuyer des textes sérieux. Dans le mix se cachent bien quelques lignes de synthés plus «ensoleillées», mais n’écoutez pas cette chanson si vous avez besoin de vous remonter le moral. C’est encore plus vrai dans le cas de J’ai un cœur, qui assume encore plus sa lourdeur. Quant à l’excellente Triangle, elle se fait plus rêveuse dans le ton, pour le plaisir des oreilles. La portion instrumentale à la fin n’était pas obligatoire, mais ça ajoute à l’intensité du moment.

Le courage du vaincu se fait plus discret, du moins pendant le premier couplet : toute l’énergie est plutôt mise dans le refrain, autant au niveau de la mélodie et des arrangements plus puissants. Après une telle piste, disons qu’on a l’impression que Chanson sans importance porte bien son nom vu qu’elle n’offre pas la même intensité! Le creux de ta vague est ce qui se rapproche le plus d’un morceau dansant, non loin de ce qu’aurait enregistré Alex Nevsky par exemple. Mais c’est surtout une chanson peu représentative de l’opus en général.

On revient à un son plus naturel pour Antoine Lachance avec Demain qui offre, en prime, des portions plus chorales assez réussies. Le plus beau des pièges tente ensuite un hybride entre les deux énergiques : couplets mélancoliques et refrains plus énergiques. Pas désagréable du tout, en fait, et beaucoup moins intrus que Le creux de ta vague… du moins jusqu’à l’arrivée d’un saxophone qui sort de nulle part. On garde aussi une réserve envers L’oiseau de malheur, qui semble manquer d’un ingrédient pour se démarquer. En fait, on a le sentiment que la fin de l’album s’essouffle un peu, malgré les bons éléments entendus dans Hôtel-Dieu, notamment. L’opus se conclut sur Feu sacré, morceau folk peu mémorable par rapport aux morceaux plus solides du début de l’album.

Quand même, sur 46 minutes, le deuxième album d’Antoine Lachance contient sa juste part de chansons fortes, surtout en première moitié. Pour ce qui est de ses arrangements, ceux qui ont apprécié sa pop orchestrale resteront peut-être un peu sur leur faim avec ceux qu’il propose ici. Mais sa grande force demeure son sens de la mélodie. Par contre, ne l’écoutez pas si vous souhaitez vous remonter le moral, quoi qu’en disent les autres!

À écouter : Triangle, Le courage du vaincu, Demain

7,2/10

Par Olivier Dénommée

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