Immigrance – Snarky Puppy

snarky puppy immigranceSorti le 15 mars 2019

Le dernier album du collectif Snarky Puppy, Culcha Vulcha en 2016, avait réussi à arracher le Grammy du meilleur album contemporain instrumental l’année suivante. Avec une telle distinction en main, on avait bien hâte d’entendre ce que le groupe de jazz fusion allait nous réserver avec Immigrance.

Snarky Puppy est reconnu comme étant un vaste jam band, ce qui veut dire que l’improvisation occupe une part importante du processus créatif du groupe. Dans Immigrance, on a droit à des pièces, toutes instrumentales, pour la plupart assez longues. Mis à part While We’re Young, rien ne dure moins de 5min46. Parmi ces longues pièces, on a droit à un beau build-up la plupart du temps. Prenons le cas de Chonks, première de l’opus. Malgré sa sympathique saveur funky, elle prend plus de 6 longues minutes avant de vraiment nous accrocher.

C’est une situation qui n’est pas isolée : Bigly Strictness (après 5 minutes) a aussi cette tendance à ne pas nous accrocher tout de suite, mais à nous gagner lentement mais sûrement au fil de la piste. Une bonne partie des autres compositions sont intéressantes, sans jamais complètement sans soulever les passions non plus. Dans l’ensemble, cela ne fonctionne pas trop mal, mais cela donne l’impression que l’album est lent à vraiment démarrer et que rien ne nous reste véritablement en tête. Pour un groupe qui a remporté les grands honneurs à plus d’une reprise, on peut sentir qu’il manque d’un ingrédient pour davantage nous garder captifs.

Ironiquement, la plus longue pièce de l’album, l’intense et chargée Xavi, est une de celles qui parvient le mieux à convaincre dès les premiers instants et à nous accrocher du début à la fin. Dommage, Snarky Puppy n’a pas plus privilégié cette approche dans le reste de l’album. Quant à la «brêve» et relativement feutrée While We’re Young, on sent qu’elle en aurait eu plus à dire si on ne l’avait pas coupée avec un bête fade out. Heureusement, la finale Even Us nous propose aussi une énergie similaire et, cette fois, pleinement assumée qui touche pas mal plus sa cible.

Ce n’est pas la première fois que Snarky Puppy reçoit un accueil tiède de la part de la critique et qu’il se retrouve quand même avec un Grammy l’année suivante. Culcha Vulcha avait fait la même chose. Ce n’est pas impossible qu’on ait aussi affaire avec Immigrance à un opus qui gagne en tonus à force de l’écouter et en le laissant maturer à plus long terme dans nos oreilles, mais après plusieurs jours d’écoute, on a peiné à sentir davantage d’étincelle dans cet album qui s’écoute bien, mais qui est loin de nous éveiller des émotions comme d’autres enregistrements jazz ont pu le faire ces dernières années.

À écouter : Bigly Strictness, Xavi, Even Us

7,2/10

Par Olivier Dénommée

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