Réchauffé – Mononc’ Serge

mononc serge rechauffeSorti le 22 mars 2019

Mononc’ Serge a toujours eu l’habitude de nous surprendre avec de nouvelles chansons plus trash les unes que les autres au fil des années. Moins d’un an et demi après la sortie de sa précédente offrande, Révolution conservatrice, il retourne en studio pour enregistrer… des vieilles tounes qu’il revampe pour l’occasion de son disque Réchauffé.

Il faut dire que Mononc’ Serge a souvent changé de setup d’un opus à l’autre, incluant les deux albums avec le groupe métal Anonymus et quelques albums plus folk que rock. Réchauffé est enregistré par son trio rock (avec Peter Paul et Ugo Di Vito), comme on peut plus fréquemment l’entendre depuis les dernières années. Sans être enregistré en live, on sent le désir d’offrir des versions plus proches de ce qui sera entendu en spectacle.

Il faut aussi mentionner une information très importante : ce n’est pas un best of, au contraire! Même si l’album contient plusieurs excellentes chansons, on n’a pas droit à des hits comme Marijuana, Les patates ou encore Les grosses torches acadiennes pour ne nommer que celles-ci. Serge pige donc ici dans son catalogue un peu plus obscur, nous permettant de découvrir ou redécouvrir quelques perles!

Et parlant de découvertes, ça commence en force avec Casserole, qui était en fait Je chante comme une casserole tirée du premier album des Colocs. Si la version d’origine était une parodie à la Ringo Rinfret de RBO, la relecture est méconnaissable et correspond pas mal plus à l’énergie punk rock qu’on lui connaît depuis qu’il est en solo. On remarque aussi quelques changements dans les paroles. Après plus de 25 ans, certains mots et tournures ne passent plus aussi bien alors personne ne tiendra rigueur à l’artiste pour cette réécriture, qu’il fera à quelques autres moments à travers l’album, mais de façon relativement mineure la plupart du temps. À noter qu’une autre chanson issue de l’ère Les Colocs se retrouve sur Réchauffé : Le pape aussi (anciennement Tout l’monde), mais exceptionnellement chantée par le nasillard Ugo Di Vito.

Revenons au setup : les chansons sont donc réenregistrées en power trio pour l’occasion. Cela donne un peu plus de mordant pour les chansons au passé acoustique (notamment les chansons de l’opus Mononc’ Serge pourquoi joues-tu du rock’n’roll), mais l’effet est limité avec celles qui étaient jouées avec Anonymus à l’origine. Tout l’monde se crisse de Mononc’ Serge, J’sens l’punk (même si la chanson nous fait prendre conscience que Médé Langlois de Carotté était déjà un punk «agricole» connu à l’époque) et Un clown pour grand-pôpa n’arrivent donc pas tout à fait à recréer la même magie.

Le changement est généralement plus intéressant pour les chansons qui avaient besoin d’un peu plus de piquant : Les picks, Groupies, Paris keupon, Je ne voterai pas, Les cochons (qui perd toutefois un petit côté Brassens) et La maladie du préjugé ont bien été revisitées. Quant à Hostie de bonne smoke, ironiquement une de mes préférées de Mononc’ Serge même si je ne suis pas fumeur, elle n’avait pas besoin d’être touchée : sa version country était tellement parfaite, même si on sait qu’elle ne sera jamais jouée ainsi en spectacle! Sinon, mentionnons au passage la nouvelle version de Le lac St-Jean, pas excessivement différente, mais juste assez améliorée pour se démarquer du lot.

Sur 16 pistes, on ne nous livre même pas que du réchauffé : deux nouvelles chansons font leur apparition. La dernière de l’opus, Rentrez don’ chez vous, a été jouée en live pour clore les spectacles à quelques reprises, mais n’avait jamais été enregistrée. L’autre, Colonel Sanders, est un rejet de Révolution conservatrice et nous parle de ce personnage, la terreur des poulets qui plante ses commerces partout en Amérique. On a une pointe de nostalgie de penser qu’il mentionne qu’on trouve un PFK «à Verdun et à Ville LaSalle», alors qu’il est fermé à Verdun depuis un certain temps déjà. Comme quoi, une chanson peut ne plus être à jour très rapidement!

La vraie question : est-ce que cet album de chansons réchauffées vaut la peine? Pour l’avoir écouté abondamment pendant plusieurs jours, la réponse s’approche du oui. Certaines versions remettent bien à jour des chansons cultes, même si quelques fans qui connaissaient les paroles par cœur auront de la difficulté à les réapprendre, et d’autres seront probablement mises de côté au bout de quelques écoutes. Les chansons avec Anonymus et Les Colocs entrent en bonne partie dans cette catégorie. On ne recommanderait pas nécessairement à quelqu’un qui veut s’initier à Mononc’ Serge, mais quelqu’un qui a envie de se mettre dans le mood avant un spectacle devrait y trouver son compte.

À écouter : Colonel Sanders, Le lac St-Jean, La maladie du préjugé

7,5/10

Par Olivier Dénommée

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