Wonderland – Gentiane MG Trio

gentiane mg trio wonderlandSort le 17 mai 2019

Nommés Révélation jazz 2018-2019 par Radio-Canada après la sortie d’un premier album et récompensés en 2017 du Prix François-Marcaurelle (remis à l’OFF Jazz), Gentiane Michaud-Gagnon (ou MG) et son trio ont le vent dans les voiles. Plusieurs attendaient avec impatience un deuxième album pour faire suite à Eternal Cycle, la réponse du trio est Wonderland, opus rappelant ce monde imaginaire où les limites ne semblent pas exister.

Le Gentiane MG Trio (Gentiane Michaud-Gagnon au piano, Levi Dover à la contrebasse et Louis-Vincent Hamel à la batterie) fait partie de cette mouvance de musiciens jazz qui misent sur la complicité entre les artistes pour créer des morceaux qui se veulent envoûtants et dotés de passages improvisés aussi convaincants. Le type de formation et le titre de l’album nous fait penser un peu malgré nous à Tuesday Wonderland, un des albums-phares de la discographie du Esbjörn Svensson Trio, ce groupe qui a contribué à changer la face du jazz moderne en trio. Mais arrêtons ici cette comparaison!

Après une intro minimaliste centrée sur le piano (Opening: Forgiveness), ça bouge davantage dans Erased Self. Si le rythme et la synergie sont bien au rendez-vous, les mélodies au piano sont loin de retenir notre attention, mis à part pour nous déstabiliser l’oreille quand la pianiste donne l’impression de rater les bonnes touches. Si la section rythmique est généralement très solide, le maillon faible dans la première partie de l’album est presque toujours la mélodie, comme si le thème de l’album permettait de s’en sauver sans conséquence. Il y a bien des exceptions, comme la jolie Road to Nowhere, mais rares sont les pièces vraiment mémorables grâce à leurs qualités mélodiques dans la première moitié. Cela change avec la mystérieuse Heavy Weight, en plein milieu, qui aide à donner un nouveau souffle à l’opus.

Vient ensuite la composition Wonderland, en trois parties totalisant 13 minutes. Les trois portions présentent leur propre énergie, et on sent que la compositrice a mis une attention particulière dans leur création. Pour notre part, on a beaucoup apprécié l’hyperactive Wonderland (Part 1: Comeback) et la construction de Wonderland (Part 3: Unbearable). Cette pièce en trois parties est suivie d’Interlude: Sanctuary, qui aurait eu du potentiel si on avait été au bout de son idée.

Les trois derniers morceaux de l’opus (la légère L’heure du thé, l’intense Fool’s Gold et l’introspective finale Repentance) terminent plutôt bien l’exercice qui a été quelque peu inégal, mais qui montre un réel désir d’expérimenter différentes avenues pour le Gentiane MG Trio. Comme tout bon album de jazz, toutes les pistes n’auront pas le même effet sur chaque auditeur, et pour notre part, un meilleur équilibre dans la répartition des pistes aurait pu être bénéfique car rares sont les albums à succès qui mettent toutes leurs meilleures chansons au milieu. Mais de toute façon, on avoue qu’on a bien hâte d’entendre ce qui viendra ensuite!

À écouter : Road to Nowhere, Heavy Weight, Wonderland (Part 1: Comeback)

7,2/10

Par Olivier Dénommée

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