L’étrange pays – Jean Leloup

jean leloup letrange paysSorti le 24 mai 2019

Cela fait déjà 4 ans que l’inimitable Jean Leloup a lancé son album À Paradis City, qui avait eu droit à son lot de louanges. Cette fois, Leloup essaie quelque chose d’un peu différent : il s’est promené un peu partout avec une enregistreuse et sa guitare, et a créé les 13 chansons de L’étrange pays en solo et de façon minimaliste. On reconnaît évidemment son approche musicale et ses textes, mais on n’aura pas droit ici à des enrobages qui ont aidé plusieurs de ses chansons à passer à la postérité.

Jean Leloup ne sera pas le premier, ni le dernier, à passer en mode acoustique. Plusieurs artistes font cet exercice pour revisiter leur catalogue et lui donner une cure de rajeunissement, mais pas Leloup, qui propose de nouvelles compositions. Les critiques optimistes disent que les arrangements sont grandioses… à condition d’avoir assez d’imagination pour les entendre. Dans les faits, c’est un album dont on fait assez vite le tour.

Personne ne sera surpris d’apprendre que des chansons guitare-voix ont un potentiel relativement limité lorsqu’on cherche à créer des ambiances complètement différentes d’une piste à l’autre. Il y a bien les Rosier-douleur et Les goélands qui ont un groove convaincant, mais ça ne suffit pas tout à fait à nous convaincre face aux faiblesses de la fin de la chanson-titre L’étrange pays, du drôle de choix de titrer une chanson Boulevard des rêves brisés, des onomatopées plus ou moins assumées de L’enfant fou (l’exercice était plus convaincant à l’époque de la chanson Voyager) et de la pertinence de Nouvelle alerte dans cet opus (un morceau instrumental d’une extrême lenteur qui aurait eu du potentiel s’il offrait autre chose qu’une ligne de guitare approximative). Et c’est sans parler des morceaux qui deviennent simplement lassants après quelques écoutes.

Aucun doute que Jean Leloup était bien inspiré en enregistrant ses nouvelles chansons. Mais ce qui se passe dans sa tête ne s’est pas traduit par la même magie sur disque. L’étrange pays plaira possiblement aux inconditionnels de Leloup (et ils sont encore nombreux), mais on doute que l’album passe à l’histoire comme certains de ses enregistrements passés. À moins que l’artiste ait envie de les réenregistrer prochainement en full band pour mieux rendre justice à certains titres de ce nouvel album? Rendu là, plus rien ne nous surprendrait.

L’opus peut être entendu sur la page Bandcamp de l’artiste.

À écouter : Rosier-douleur, Les goélands, L’oiseau-vitre

6,3/10

Par Olivier Dénommée

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