Pianoworks – Eluvium

eluvium pianoworksSorti le 31 mai 2019

Dans notre cas, le nom d’Eluvium, projet solo du musicien Matthew Cooper, ne sonnait pas particulièrement de cloche. C’est qu’il a consacré une bonne partie de sa carrière à verser dans la musique ambiante, voire dans le noise. Mais avec Pianoworks, Eluvium revient à la simplicité du piano. Il s’agit du deuxième opus à cet instrument que propose l’artiste, 15 ans après le premier.

Cet album est pensé comme une observation de l’innocence de l’enfance, sujet aussi passionnant qu’inépuisable. Cela explique la simplicité du jeu de Cooper, qui souhaitait avec cet opus inspirer les enfants et novices à tenter de jouer les chansons (une version de l’album offre même les partitions!) tout en touchant les émotions d’un peu tout le monde. Car c’est souvent dans la simplicité que l’on trouve les sentiments les plus forts.

L’exercice se passe tout doucement dès le début : Recital est particulièrement touchante dès les premiers instants, alors que les pistes suivantes exploitent la douceur et la lenteur sans projeter la même émotivité. C’est un peu plus loin, dans Masquerade, qu’on sent un petit côté Yann Tiersen au jeu d’Eluvium, qui se prend toujours très bien. Quant à Paper Autumnalia, on s’approche de l’influence de Satie.

On finit aussi par sentir un certain changement dans Vacuous Plenum, Soliloquy & Aside et Empathy for a Silhouette, qui offrent quelque chose d’un peu moins minimaliste et d’un peu plus tendu. Cela s’explique par le fait que l’album passe de l’innocence de l’enfance à l’âge adulte qui prend la place avec tout ce que cela implique. Qu’on aime ou pas la progression dans ce premier disque, cela représente pourtant en quelque sorte l’évolution de l’humain qui ne devient pas toujours exactement ce qu’il souhaite. Pour cette raison, Pianoworks renferme un message beaucoup plus fort derrière la simplicité des pièces proposées.

Disque 2

Si, techniquement, l’album Pianoworks a une durée normale, une version deluxe renferme un deuxième disque complet, qui revisite le répertoire précédent d’Eluvium au piano. L’essentiel des pièces sont tirées de An Accidental Memory in the Case of Death, le précédent opus au piano, Copia et Nightmare Ending et, dans presque tous les cas, on réinterprète des morceaux qui étaient déjà en piano solo.

De An Accidental Memory in the Case of Death, on retient l’intensité émotive de Perfect Neglect in a Field of Statues et de Nepenthe, même si grosso modo les pièces ne sont que des réenregistrements assez proches des versions originales. On entend quand même l’intention plus assumée, 15 ans après leur enregistrement initial. On remarque aussi The Well-Meaning Professor, qui devient particulièrement chaotique vers la fin. Sinon, on apprécie davantage la version de Hymn #1 qui n’inclut pas de noise perpétuel. Le reste ne réinvente pas la roue, mais est généralement loin d’être désagréable à l’oreille.

Même si l’album finit par sembler un peu long, il s’écoute au final assez bien dans un registre très accessible. Il nous semble en fait que Pianoworks est une bonne façon de s’initier à la musique d’Eluvium, même si ce registre n’est qu’une parcelle du talent de Matthew Cooper.

Cet album est notamment disponible sur Bandcamp.

À écouter : Recital, Masquerade, Paper Autumnalia // Disque 2 : Perfect Neglect in a Field of Statues, Nepenthe

7,6/10

Par Olivier Dénommée

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