Les myriades – Mélisande [électrotrad]

melisande electrotrad les myriadesSorti le 13 septembre 2019

Cela fait un certain temps déjà que nous connaissons le duo Mélisande [électrotrad], groupe basé sur la Rive-Sud de Montréal qui mêle ses racines folk et trad québécoises avec une musique électro très actuelle. Déjà armée de deux albums, le duo s’est lancé dans la dernière année dans un ambitieux projet de collecte de chansons entendues de la bouche de résidents ou d’anciens résidents des berges de la rivière Richelieu. Cet exercice a permis d’enregistrer les huit chansons qui se retrouvent dans Les myriades.

La première chose qui nous frappe, c’est la pochette futuriste de Les myriades, qui tranche avec celles, plus sobres, des précédents opus. Plus que jamais, le couple Alexandre « Moulin » de Grosbois-Garand et Mélisande Gélinas-Fauteux souhaite allier les traditions portées par nos ancêtres et une musique résolument moderne, et c’est drôlement bien assumé ici avec des résultats parfois très impressionnants.

Le groupe ne s’est donné ici aucune limite : on a droit à des interprétations souvent dansantes (Demain je m’en vas et Le pied su’l cant, par exemple) voire funky (Ti-Pétard Allard), ou carrément des hymnes pop (pensons à Chanson de mensonges). Dans tous les cas, on remarque le désir du groupe de prendre le squelette trad de chaque chanson et l’adapter à la réalité d’aujourd’hui, en y ajoutant une instrumentation futuriste ou un refrain plus électropop par exemple. Dans plusieurs cas, on peut imager les chansons passer dans un club, comme Le cou de ma bouteille, ce qui est presque too much dans ce cas-ci.

Mais, sans l’ensemble, on doit reconnaître qu’après avoir passé le choc de la première écoute, on retient les refrains accrocheurs et les arrangements assumés qui finissent assez vite par nous convaincre que Mélisande [électrotrad] trouvé le juste équilibre entre la tradition et la musique électro actuelle, sans tomber dans la parodie des deux courants, presque un exploit en soi. L’exercice est particulièrement réussi dans Chanson de mensonges, au texte très drôle et au puissant refrain électropop, et dans Amusons-nous jeunesse, chanson au thème intemporel et à la mélodie particulièrement efficace. Mention également à la version alternative de Trois beaux canards, qui amène cette chanson connue complètement ailleurs que ce à quoi on a l’habitude.

Ceux qui suivent déjà Mélisande [électrotrad] depuis quelques années ne seront pas en terrain inconnu avec Les myriades, mais constateront que le duo poursuit son évolution et continue d’expérimenter dans son univers qui lui est propre. Dans ce cas-ci, c’est plutôt réussi. Pour ceux qui sont moins familiers avec le trad, cet opus pourrait être une porte d’entrée intéressante dans ce vaste univers. À essayer!

À écouter : Demain je m’en vas, Chanson de mensonges, Amusons-nous jeunesse

8,0/10

Par Olivier Dénommée

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