Grandeur mature – Émile Bilodeau

emile bilodeau grandeur matureSorti le 4 octobre 2019

«J’attends avec impatience son deuxième album, pour savoir dans quelle direction il se dirigera, avec plus d’expérience et de maturité musicale», écrivait-on il y a 3 ans, dans notre critique de Rites de passage, premier album du jeune auteur-compositeur-interprète Émile Bilodeau. Un peu comme s’il voulait répondre à notre commentaire, il a appelé sa deuxième galette Grandeur mature et livre davantage de textes engagés tout en offrant une musique qui reste dans l’oreille. Celui qui sonnait un peu comme un jeune baveux dans son premier opus peaufiné son ton, sans perdre de son mordant.

Un excellent exemple est la première chanson de l’album, Robin des Bois. Les textes sont imagés et le refrain fait un bullseye (s’cusez-la) de par son efficacité pop rock. Chapeau également aux textes rigolos d’Échec et mat sur fond folk rock, à la sincérité de ceux de Colin et à l’efficacité de Mont Royal. Sans oublier l’excellente Ton nom, qui arrachera beaucoup de sourires (particulièrement pour ceux qui ont un nom composé) en plus de livrer au passage un plaidoyer indépendantiste à la fin. On a aussi droit à des arrangements plus étoffés dans J’ai vu la France, montrant qu’Émile Bilodeau est aussi à l’aise dans ce registre même si on lui connaît un style plus direct.

Malgré la force de plusieurs des chansons entendues sur cet album, on a droit à quelques petits haussements de sourcil ici et là : Candy (avec Caroline Savoie), Freddie Mercury (avec Klô Pelgag… (qui chante en anglais?!) malgré plusieurs bons passages), et quelques analogies un peu étranges entendues dans Moona. Sinon, on sent une petite influence de Philippe Brach dans Yoga, qui fera potentiellement sourire, mais qui ne dure malheureusement pas assez longtemps, terminant l’album un peu trop vite à notre goût!

Grandeur mature nous propose 44 minutes de musique avec pas mal plus de bons moments que de passages peu inspirés. Évidemment, on peut ne pas toujours apprécier les images et les métaphores d’Émile Bilodeau, mais jamais on ne pourra lui reprocher de faire dans la facilité au niveau des textes. Côté arrangement, on a droit à une belle variété entre un folk plutôt minimaliste et des pièces plus chargées, sans qu’on sente que ce soit décousu. Bilodeau arrive à combiner une écriture plus mature tout en conservant un côté «innocent» dans plusieurs textes, un élément qui fait (encore) son charme. On ne sait pas pendant combien de temps cette carte lui servira, mais pour le moment, il s’approprie parfaitement ce personnage revendicateur mais ô combien attachant.

Cet album est notamment disponible sur la page Bandcamp de l’artiste.

À écouter : Robin des Bois, Colin, Ton nom

7,7/10

Par Olivier Dénommée

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