A Beautiful Place to Drown – Silverstein

silverstein a beautiful place to drownSorti le 6 mars 2020

On s’était intéressé il y a quelques années déjà à l’album This Is How the Wind Shifts de Silverstein qui nous avait agréablement surpris, et depuis on suit de loin d’évolution du groupe post-hardcore/emo ontarien. Puis, on est tombé par hasard sur le 10e (ou 9e, ça semble un peu flou) album du groupe, A Beautiful Place to Drown, qui comporte son lot de collaborations. On a surtout remarqué que les premières critiques sont au mieux mitigées.

Nous n’avons pas ici la prétention de nous y connaître particulièrement dans le département core, c’est donc avec une oreille profane que l’on a écouté l’album : première impression, on a affaire ici à un album plutôt accessible avec son lot de mélodies accrocheuses et de riffs solides, mais aussi des passages criés caractéristiques au genre. Et deuxième impression, les nombreuses collaborations n’étaient pas nécessaires, surtout qu’elles n’apportent en général pas grand-chose.

Le côté radio-friendly de Silverstein est très audible dès Bad Habits, première piste de l’album. C’est particulièrement évident au refrain, qui reste rapidement dans l’oreille. On y a aussi droit à quelques lignes de guitare d’Intervals, mais ce n’est pas du tout ce qu’on retient. On le voit comme un petit bonus. Dans la même veine, mentionnons Where Are You, Shape Shift et Coming Down (toutes musicalement très efficaces) et September 14th (on a un faible pour son petit côté Rise Against, mais oublions la partie gueulée, moins efficace). Quant à Madness, elle frappe avec un des refrains les plus réussis de l’album, même si on éprouve des réserves sur le featuring de Princess Nokia dans le dernier tiers accompagné de screams du chanteur Shane Told.

On a aussi droit à une surprise de taille, All on Me, morceau doux beaucoup plus pop que tous les autres, avec même du saxophone en prime. Tentative intéressante, mais qui nous aurait davantage convaincu venant d’un groupe qui ne passe pas la moitié de l’album à crier. Silverstein semble aussi se prendre pour un boys band le temps de Say Yes!, ce qui n’est pas entièrement déplaisant, mais qui n’a pas sa place ici. Ce qui passe un peu mieux, c’est Take What You Give avec la participation de Simple Plan. On l’avoue, on avait des réserves, mais au final Silverstein se défend plutôt bien dans ce registre même si la chanson ne fait pas partie de nos préférées.

Toutes les chansons n’ont toutefois pas le même potentiel : Burn It Down (avec une ligne de Caleb Shomo (Beartooth) tout à fait superflue) manque de quelques ingrédients pour passer dans la catégorie des chansons mémorables de l’album, Infinite (avec Aaron Gillespie (Underoath)) passe complètement inaperçue et Stop est trop inégale pour être vraiment agréable. À cela s’ajoutent toutes les «bonnes» chansons qui incluent pourtant des passages plus faibles et inégaux. On comprend très bien les critiques que A Beautiful Place to Drown a pu recevoir.

On ne connaît pas assez en profondeur la discographie de Silverstein pour dire où cet album se situe par rapport à tout le reste, mais dans tous les cas, on sent que le groupe essaie de trouver un compromis entre son côté post-hardcore que beaucoup d’autres groupes ont fini par abandonner et son ambition de passer à la radio. Ça donne quelques chansons intéressantes, mais aussi beaucoup de demi-mesures qui vont peiner à convaincre les vieux fans comme le nouveau public visé.

À écouter : Bad Habits, Where Are You, Shape Shift

6,8/10

Par Olivier Dénommée

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