Nature humaine – Alexandre Poulin

alexandre poulin nature humaineSorti le 8 novembre 2019

Trois ans après sa précédente offrande, Les temps sauvages, Alexandre Poulin est de retour avec un cinquième album, paru à l’automne. Ceux qui ont l’habitude de sa musique reconnaîtront ses chansons à texte et ses histoires qui contiennent dans plusieurs cas une bonne dose d’espoir. Toutefois, Nature humaine laisse aussi une place importante à «l’ombre» et aborde certains thèmes qui peuvent vite devenir lourd. Autre surprise, on a aussi droit à des arrangements plus touffus, dérogeant du folk plus minimaliste auquel il nous a habitués.

Si la première piste, Courte échelle, se fait rassurante avec une tendre chanson d’amour comme il sait les écrire, on change sensiblement de registre avec Madonna : une chanson où on reconnaît bien la plume de Poulin qui s’adresse à sa sœur qui «sai[t] pas aimer pour vrai» sur une musique davantage pop rock. Musicalement c’est réussi et accrocheur, mais l’accompagnement rend peu justice à ce que chante Alexandre Poulin. D’autres chansons «souffrent» de cette situation, comme Avalanche, qui tombe dans l’indie rock léger pour parler d’un sujet qui l’est beaucoup moins. Drôle de choix! Il y a aussi la très lourde Tourterelle triste (qui est une allégorie sur la violence conjugale) qui trouve le temps d’ajouter des synthés dans la dernière portion, ajoutant une touche «atmosphérique» à une chanson qui est loin d’être dans ce ton.

Évidemment, il reste quelques chansons où on reconnaît typiquement l’artiste. Contrebande, malgré son regard sombre (et très juste) sur notre monde, contient une dose très appréciée de lumière qui la rend incontournable dans cet album qui met de l’avant ces deux facettes. Mentionnons également Marie-Madeleine, une critique bien amenée de la religion, Le plus grand des assassins où il personnifie habilement le temps sur une trame folk rock et La mauvaise éducation, un message on ne peut plus juste venant de cet ancien enseignant. On est tenté d’inclure aussi Le déluge, finale de l’opus, dans la liste des chansons où Poulin est à son meilleur, mais la dernière minute criarde gâche malheureusement l’effet.

Et peut-être est-ce à cause du contexte dans lequel on écoute l’album Nature humaine, mais si on avait l’habitude de se sentir mieux après avoir écouté la musique l’Alexandre Poulin, c’est moins clair dans le cas de Nature humaine. Certains de ses sujets sont plus percutants que ce à quoi on peut avoir l’habitude, ce qui peut être plus difficile sur le moral des auditeurs. Ajoutons à l’équation les quelques choix d’arrangements douteux, et on n’a pas le choix de dire que l’artiste a fait avec cet album un détour qui ne lui sourit pas nécessairement.

À écouter : Contrebande, Marie-Madeleine, Le plus grand des assassins

7,0/10

Par Olivier Dénommée

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