Prescription for Sleep: Fight for Your Dreams – Gentle Love

gentle love prescription for sleep fight for your dreamsSorti le 10 octobre 2017

Le premier contact qu’on a eu avec la série Prescription for Sleep du duo Gentle Love était l’album Prescription for Sleep: Game Music Lullabies, Vol. 1, qui regroupait certains des plus beaux airs de musique de jeux en version jazz. Dans Prescription for Sleep: Fight for Your Dreams, Gentle Love s’est aussi intéressé aux musiques de combat, normalement plus intenses, pour les adoucir à leur sauce. Et le résultat est plutôt intéressant malgré les failles de la série!

On avait déjà formulé cette critique, et elle s’applique toujours : malgré le titre, la musique n’est pas toujours appropriée pour dormir à cause de certaines montées en intensité, notamment lors des solos. Mais le groupe arrive à nous surprendre en livrant un album plutôt doux en partant de pièces beaucoup plus agressives initialement. Tout est donc une question de perspective.

Notons aussi que le duo ratisse large dans son répertoire, touchant à plusieurs jeux et séries à travers cet opus de 12 pistes et les transformant en simples duos piano/sax. Les plus remarquables sont possiblement Boss (Mega Man 2), qui part d’une énergique musique 8-bits et devient une pièce beaucoup plus discrète sans perdre son côté percussif, Megalovania (Undertale), morceau épique peut reposant mais fort bien arrangé, Intolerance (Raystorm), un des morceaux dont la version se rapproche le plus fidèlement d’une berceuse, ou encore Mother Brain (Super Metroid), infiniment plus intéressante en jazz que la version d’origine.

Et dans une classe à part, mentionnons People Imprisoned by Destiny (Chrono Cross), dont la version originale, déjà lyrique à souhait, n’avait rien d’une «toune de boss» traditionnelle et aurait très bien pu faire partie d’un album de berceuses sans réarrangement. La version de Gentle Love respecte bien l’essence de cette pièce émotive et prend soin de ne pas abuser dans ses inévitables solos (chose qu’il fait malheureusement à l’occasion, mais pas ici). Bref, un incontournable! On aimerait en dire autant de In a Better Place, qui clôt l’album : aucun jeu n’y est associé, ce qui laisse croire qu’on a affaire à une pièce originale du duo. Mais en l’écoutant, on a l’impression d’entendre des bouts de mélodies tirées de différentes chansons, dont au moins une de ce même album. Si on n’avait pas cette impression de déjà-entendu, on aurait certainement davantage apprécié cette pièce, autrement très réussie.

Le reste n’est pas inintéressant, au contraire, mais on entend à quelques occasions les limites des arrangements pour seulement deux instruments. De plus, certains des «matériaux» de base ne sont simplement pas aussi efficaces, ce qui rend toujours plus difficile de faire de la magie dans ces conditions. L’album demeure très agréable à écouter encore et encore dans différents contextes, ce qui est l’essentiel. On se garde des réserves pour l’appellation «berceuses», mais il faudrait vraiment connaître les pièces originales pour deviner qu’on a affaire à de la musique de boss dans plusieurs cas.

Vous pouvez retrouver cet album sur Bandcamp.

À écouter : Boss, People Imprisoned by Destiny, Mother Brain

7,7/10

Par Olivier Dénommée

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