44 – Joel Plaskett

joel plaskett 44Sorti le 17 avril 2020

Au cas où quelqu’un en doutait, le Néo-Écossais Joel Plaskett ne fait pas les choses à moitié : son sixième opus, simplement intitulé 44, s’assure de dissiper les doutes qui pourraient subsister en livrant un album quadruple contenant 44 chansons et paru la veille de son 45e anniversaire (donc alors qu’il avait encore 44 ans).

On apprend que l’imposant album a été sur une période de quatre ans à quatre différents endroits (Dartmouth, Memphis, Nashville et Toronto) avec un total de 33 musiciens différents. Et chaque disque porterait un titre et un thème particuliers. Notre critique sera naturellement divisée par disque.

Disque 1 : 41: Carried Away

Ce premier disque est décrit comme un «enregistrement de voyage» dans le dossier de presse. Ce thème semble appuyé par des chansons comme Highland Heart, Complicated Love, Head Over Heels Into Heaven, The Song About the Midway et la pièce-titre Carried Away qui ont des refrains qui ne demandent qu’à être chantés à tue-tête en roadtrip. Mais on y retrouve aussi un fort côté nostalgique dans plusieurs pistes. Pensons à Collusion (première de l’album, qui se donne un cachet rustique et amateur pour l’occasion), à la magnifique ballade Memory Complete Me (qui est en fait la continuité de Complicated Love), Beholden, Matthew Grimson Songs (enregistrée en live), The Right Direction (avec un petit côté Coldplayien) et la dernière du disque, la douce Spinning Out.

Vraiment, le premier disque de cet album est prometteur en offrant deux énergies complémentaires qui s’écoutent particulièrement bien, avec un bon dosage entre les mélodies rock accrocheuses et les passages plus folk. On aime un peu moins le style de Collusion et on se serait passé d’une chanson live dans le lot, mais ces choix artistiques imparfaits ont bien peu de répercussion sur la solidité en général de l’opus.

Disque 2 : 42: Just Passing Through

La deuxième partie de l’album cherche à recréer le sentiment de ne pas reconnaître son propre chez-soi. On remarque tout de suite un changement dans la facture sonore avec plusieurs moments de gros rock. Just Passing Through met bien la table, mais ça se confirme avec les titres suivants, dont les plus mémorables sont probablement Hey Stu! et Tim, mais on commence à s’adoucir avant même la seconde moitié de disque, passant au blues avec Brand New & Brokenhearted et au rock plus léger à partir de Spray Tan avant de revenir à des sonorités plus proches du folk/country. On a aussi droit à d’autres morceaux très doux, comme Lonely Limbo puis Blowing a Kiss. Ce n’est pas déplaisant du tout, surtout que Joel Plaskett nous semble davantage dans son élément avec des morceaux plus nuancés que ceux entendus au début de ce second disque. Tout de même, Plaskett termine l’exercice avec Catch 22, morceau plus lourd et tourmenté, toujours en lien avec le thème.

Après un premier disque particulièrement bien ficelé, il était à prévoir que le second ne pourrait pas atteindre le même niveau. Néanmoins, on se demande jusqu’à quel point il était voulu de commencer fort pour s’adoucir de chanson en chanson. Ce disque demeure intéressant à écouter, mais on n’a décidément pas le même coup de cœur qu’avec le premier.

Disque 3 : 43: If There’s Another Road

Ce troisième disque sur 4 se veut plus introspectif que les autres. Une bonne nouvelle puisqu’on apprécie le Joel Plaskett plus doux et intérieur! On a droit à une entrée en matière feutrée avec Renegade, mais on retiendra davantage la dansante Disappear Me, la pièce-titre If There’s Another Road, le build-up de Kingfisher et Fall Guy (du moins jusqu’aux deux dernières minutes, qui étaient de trop).

Et, comme dans les autres portions de l’album, on a droit à quelques «intrus». Dans ce cas-ci, il s’agit de At My Door, feutré dans la voix, mais plus chargé musicalement, créant un drôle d’effet au début, mais auquel on finit par prendre goût. I Lost It nous surprend aussi avec une bonne dose d’effets dans la guitare d’un morceau autrement minimaliste. Après quelques secondes, on s’y habitue assez rapidement! Par contre, on sent que la lourde Just Because aurait eu davantage sa place dans le disque 2.

Mais on s’avoue surpris de constater que, dans l’ensemble, ce disque tente un peu trop de nous «surprendre» avec des changements d’énergie parfois drastiques et pas toujours nécessaires. On s’y retrouve moins ici que ce qu’on escomptait initialement.

Disque 4 : 44: The Window Inn

Dernier droit de l’album : le disque 4! Cette fois, Plaskett nous propose des chansons documentant l’arrivée à une destination personnelle, ce qui serait résumé dans la toute dernière chanson, A Benefit 4 Dreamland.

Mais avant d’y arriver, on a droit à des chansons folk légères (The Window Inn, West Cork Blended Irish Whiskey, It All Reappears, There’s More Out There in Here), à l’émotive Strange to Be Involved, à The Bottom qui sonne comme du Jason Bajada (dans le bon sens),  de quelques chansons superflues (on pense un peu à Is This Actually On, mais surtout l’horrible Rock Paper Scissors Meteor), à l’étrangement catchy Melt the Universe with Brotherly Love, la feutrée Flaming Star (qui dégénère toutefois à la toute fin)… autant dire qu’on ratisse très large ici! Et malgré les quelques exceptions, le résultat demeure assez efficace.

Comme vous pouvez le deviner, résumer un album quadruple de plus de 2h30 n’est pas un contrat facile. Joel Plaskett s’est vraiment amusé à créer des énergies très distinctes au fil de l’écoute, rendant le tout très divertissant pour les uns, et un peu mélangeant pour les autres. En tout cas, on ne pourra pas dire qu’il est paresseux et qu’il n’aime pas le risque. Malgré nos réserves et certains disques moins réussis, force est d’admettre que c’est un très bon coup de cet artiste qui n’avait déjà rien à prouver.

À écouter : Disque 1 : Complicated Love/Memory Complete Me, Spinning Out // Disque 2 : Hey Stu!, Lonely Limbo // Disque 3 : Disappear Me, If There’s Another Road // Disque 4 : Strange to Be Involved, The Bottom

7,4/10

Par Olivier Dénommée

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