Shadow Offering – Braids

braids shadow offeringSorti le 19 juin 2020

Formation indie rock née à Calgary, mais bien installée à Montréal depuis plusieurs années, Braids s’est fait un nom et se laissait désirer, elle qui n’avait pas lancé d’album depuis 5 ans. La bonne nouvelle, c’est qu’après avoir écouté son quatrième album, Shadow Offering, on se dit que l’attente en a valu la peine.

Shadow Offering est décrit comme un album plus personnel, mais aussi particulièrement intense. Le trio formé de Raphaelle Standell-Preston (voix, guitare), Taylor Smith (claviers, basse) et Austin Tufts (batterie, claviers) a fait appel à Chris Walla (ex-Death Cab for Cutie) à la réalisation, qui semble avoir permis à Braids de vraiment s’ouvrir et de se laisser aller. Disons que ça rend l’écoute de cet opus assez émotive par moments, que ce soit à cause des sujets abordés, les montagnes russes musicales ou simplement les mélodies souvent poignantes de la chanteuse Raphaelle Standell-Preston.

La première chanson de l’opus, Here 4 U, frappe déjà dans le mille. Une instrumentation légère qui ne fait que prendre de l’ampleur au fil des 4 minutes, laissant bien assez de place aux lignes vocales poignantes et aux paroles de la chanteuse. «I’m here for you / Even if you don’t want me to be / I’m here for you / Even if I had to leave», répète-t-elle dans les refrains. On ne pouvait pas demander mieux comme entrée en matière.

Braids crée sensiblement l’effet contraire dans l’énergique Young Buck : cette fois, une musique chargée aux accents électro plus assumés prend beaucoup de place alors que la voix se fait plus faible. Mais on frappe toujours le centre de la cible au refrain, ce qui fait vite oublier les choix d’arrangements qui plaisent moins dans les couplets. D’autres chansons prennent un certain temps avant de véritablement démarrer, comme Eclipse (Ashley), qui offre une première moitié qui manque de jus pour conclure avec une deuxième partie beaucoup plus rythmée et intense. Le groupe s’en tire aussi plutôt bien dans le registre feutré de Just Let Me. Le groupe va ensuite dans un le rock plus lourd de Upheaval II, du moins en première moitié avant de de tomber dans la douceur menant à une explosion d’énergie dans les deux dernières minutes de la piste. Bref, ça change d’intensité assez fréquemment, et on finit par apprécier ces changements parfois drastiques au fil de quelques écoutes seulement.

Notre écoute se poursuit avec Fear of Men, petit bijou de build-up qu’on ne se tanne pas d’écouter. Puis vient la pièce centrale de Shadow Offering, Snow Angel. Si les premières critiques qu’on a pu voir avant d’écrire la nôtre permet de croire que la chanson est en général très bien accueillie, on sent de notre côté que soit on l’adore, soit on la déteste, rien entre les deux. On parle ici d’une piste de 9 minutes qui devient vite très intense dans les propos de Standell-Preston, dont certains qui sont brûlants d’actualité (changements climatiques, privilège blanc, le phénomène des «fake news», etc.). Le tout est récité avec de plus en plus d’agressivité dès le milieu de la piste. Le propos est puissant et remet bien des choses en perspective, mais la chanson n’est pas mémorable en elle-même. Disons qu’on ne garde pas Snow Angel dans notre liste de chansons à écouter en boucle.

Tout de même, mentionnons qu’on avait eu l’impression que cette chanson avait été enregistrée en réponse à ce qui se passe aujourd’hui dans le monde… jusqu’à ce qu’on apprenne que cela faisait un an et demi que l’opus était enregistré avant sa sortie. Comme quoi, les sujets d’actualité ne changent finalement pas beaucoup!

Après une piste aussi intense (et malgré une finale beaucoup moins violente), la plus planante Ocean se prend drôlement bien. Ça se prend aussi très bien d’entendre la chanteuse répéter «I love you» durant son doux refrain. Cela nous mène, tout doucement, à la finale Note to Self. Celle-ci nous offre une dernière montagne russe, même si elle ne frappe pas autant que les meilleurs crescendos entendus au fil de l’album.

L’album dure tout près de 45 minutes et est très généreux en émotions et en moments musicaux réussis. Même si on n’adhère pas à 100% des choix artistiques faits ici, on n’a pas le choix d’admettre que Braids a livré ici un album enregistré avec ses tripes qui se défend aussi bien dans les bouts plus doux que ceux qui rentrent au poste. Accordez-lui deux ou trois bonnes écoutes et vous trouverez presque assurément votre compte.

À écouter : Here 4 U, Fear of Men, Ocean

8,2/10

Par Olivier Dénommée

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