LP6 – Navet Confit

Navet confit LP6Sorti le 12 novembre 2013

Dernier d’une série de 6 albums produits en un temps très limité, cet album porte un nom fort évocateur : LP6 – Au moins, quelques personnes et/ou compagnies et/ou médias prennent encore le risque de promouvoir la diversité dans l’industrie de la musique au Québec en 2013 (OU « Si je vends pas plus de 500 copies j’arrête de faire de la musique »). Avec un tel titre, ça donne le ton à l’œuvre et ça reste fidèle à la réputation du personnage de Navet Confit, de son vrai nom Jean-Philippe Fréchette.

Le musicien nous amène dans toutes sortes de directions avec cet album, à commencer par une ambiance de bar avec Chéri(e), dans les rues du centre-ville. Une intro un peu lente, un peu cacane et le classique «Ça va bien? J’ai rien entendu», puis ça démarre sur une énergie extrêmement hippie («Pendant que les manifestant font l’amour aux policiers», difficile d’être plus peace & love). C’est à peine si on ne sent pas les draves de pot à travers les haut-parleurs!

Navet Confit a ce don de faire des chansons qui ne se prennent pas au sérieux, mais qui sonnent bien. Par exemple, Ton sac de natation, sans être si marquante, est dotée d’un refrain fort et vraiment accrocheur. Et Les monuments fait une parfaite chanson d’été même si son «histoire» finit mal. Excellent coup du musicien de porter sur ce genre de sujets et de lui donner une telle légèreté!

La compo probablement la plus marquante de l’opus est certainement Louis-José Houde. Le titre vole un peu le punch, mais c’est une ode à cet humoriste et une mini-critique à l’égard de la vitesse de son parler. Tout est parfait : les textes sont forts, la musique a une belle énergie, la ligne vocale est accrocheuse.

Mention spéciale à l’énergie grunge de Tu danses bien. Si Kurt Cobain avait chanté en français (et qu’il avait vécu un peu plus longtemps), il aurait probablement écrit une chanson comme celle-ci.

Mention également à Marjorie qui n’est pas une toune d’amour; c’est plutôt une chanson qui traite d’une tentative de suicide. Lourd et aérien en même temps, Navet Confit a trouvé les mots justes pour que le sujet passe relativement bien. Autre sujet très bien amené (en lien avec le titre de l’album?) : Quand on sera morts traite du «succès» d’un artiste qui fait de la musique sans faire d’argent puisque tout le monde télécharge. Le tout est amené sur un beat électronique passablement agressif.

La dernière compo, Et on te laissera faire, semble revenir à une énergie plus lente comme la première chanson, mais à la toute fin on a plutôt droit à un brouhaha électronique de quelques secondes.

Rappelons l’exploit de Navet Confit qui consistait à produire 6 albums en un temps records. Malgré cela, son élan créatif n’a jamais cessé de fonctionner à plein régime et si toutes les chansons ne sont pas accrocheuses, certains titres sont de petits chefs-d’œuvre dans leur genre. Si vous envie d’écouter de la bonne musique mais avec des paroles qui ne se prennent pas tant au sérieux, LP6 aura probablement ce qu’il vous faut.

Écoutez l’album dans son intégralité, ainsi que les autres œuvres de Navet Confit, sur sa page BandCamp.

À écouter : Les monuments, Louis-José House, Marjorie

7,8/10

Par Olivier Dénommée

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