Re:member – Ólafur Arnalds

Sorti le 24 août 2018

Ce n’est plus une surprise lorsqu’Ólafur Arnalds annonce un album concept, puisqu’il aime constamment essayer de nouvelles avenues et repousser les limites de la composition, tout en demeurant dans le registre néo-classique qui fait sa renommée depuis des années. Cette fois, avec Re:member, il joue avec une nouvelle technologie, le Stratus, qui implique deux pianos supplémentaires qui jouent automatiquement une autre note lorsque le musicien en joue une sur le piano principal, créant différentes mélodies et suites d’accords.

En début d’album, Re:member nous offre de la douceur comme Arnalds sait si bien le faire. Après avoir installé le mood, le tout se met à bouger et on peut apprécier l’effet du Stratus et l’ajout d’une batterie, marquant une belle montée en intensité. On apprécie la pièce, qui montre bien les différentes facettes du musicien, mais c’est heureusement une des seules à être aussi intenses dans cet opus!

Unfold, en collaboration avec SOHN qui ajoute quelques voix, va ailleurs avec une musique chargée, mais au final beaucoup plus douce que Re:member. Le mélange est intéressant, combinant piano/cordes au début pour mieux laisser l’espace à SOHN à la fin, mais manque peut-être un peu de nuances pour bien reconnaître l’approche Arnalds. Saman, juste après, nous livre un morceau tout en douceur suivi d’un Brot plus mystérieux. Ce dernier mène discrètement à Inconsist, un des morceaux plus chargés de l’opus où les cordes et la batterie sont de nouveau de la partie pour appuyer les mélodies au clavier. La première moitié de l’album se conclut avec la semi-berceuse They Sink, du Ólafur Arnalds en pleine possession de ses moyens, même si elle est un peu courte à notre goût!

Le début de Ypsilon semblait nous préparer à un puissant build-up qui ne viendra finalement que dans la dernière partie de la piste suivante, Partial (attention à ne pas mettre votre volume trop fort!). Après la montée, on redescend dans l’introspection de Momentary, bien qu’à 2 minutes, ce moment semble beaucoup trop court! D’autant plus qu’elle est suivie de Undir (6min30!) qui propose aisément un des crescendos les mieux constuits de l’album! Malgré tout, la lumineuse Ekki Hugsa parvient aussi à tirer son épingle du jeu. En conclusion vient la discrète mais émotive Nyepi.

On reconnaît bien la signature du compositeur à travers l’album, mais il y a quelque chose qui nous chicotte un peu partout à travers l’album. Peut-être est-ce l’effet du Stratus qui trafique les progressions, mais on a l’impression à plusieurs reprises qu’une montée s’en vient, et finalement elle n’a pas lieu. Cela donne lieu à quelques petites déceptions, mais rien d’insurmontable pour les fans du génie musical islandais. Cette technologie reste intéressante et semble ouvrir de nouvelles opportunités. Espérons que l’album Re:member ne soit pas le seul à tenter d’exploiter ses possibilités.

À écouter : Partial, Undir, Nyepi

7,6/10

Par Olivier Dénommée

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