La Force – La Force

Sorti le 7 septembre 2018

Le projet La Force est tout jeune, mais la chanteuse Ariel Engle n’en est pas à ses débuts, elle qui a fait partie du duo AroarA et plus récemment de Broken Social Scene lors de l’enregistrement de Hug of Thunder. Son premier album homonyme est l’occasion de vraiment mettre de l’avant son originalité, mais aussi son audace dans ses différentes compositions.

La musique est décrite comme de la «pop électronique nocturne» et elle varie beaucoup d’une piste à l’autre. Par exemple, dans The Tide, on apprivoise le côté énergique d’Engle sur une musique électropop plutôt minimaliste. Puis, sur TBT, elle est appuyée d’une musique très percussive, sauf au refrain où la chanteuse reprend pleinement ses droits. Le registre change davantage à Ready to Run, avec des arrangements plus touffus et plus assumés (rappelant un peu au passage l’énergie Broken Social Scene), mais qui laissent pourtant toujours la place à sa voix forte et entraînante.

Mais là où La Force nous frappe de plein fouet, c’est avec Lucky One, premier morceau plus lent et émotif de l’opus, qui met pleinement en valeur toute sa sensibilité et son sens de la mélodie. Si vous aimez la voix d’Ariel Engle durant les passages plus rapides, vous serez tout simplement en amour avec son registre doux!

Dommage, ce n’est pas un registre que La Force explore particulièrement avec ce premier album : elle retourne à l’énergie avec Upside Down Wolf, puis avec You Amaze Me. Dans le dernier cas, un certain build-up donne du tonus à la piste, mais on ne sent quand même pas que ces deux chansons restent naturellement en tête. S’ensuit Mama Papa, de retour à un registre lent. Il y a une intensité vocale de la part d’Engle, mais pas la même que dans Lucky One. La chanson aurait aussi mérité d’être légèrement raccourcie pour plus d’efficacité.

À l’approche de la fin de ce bref album, Can’t Take frappe fort : un autre morceau à la Ready to Run, mais encore mieux ficelé et avec d’intenses tensions qui demeurent accrocheuses malgré tout. La chanson mène à la finale, Epistolary Love Song, une chanson planante et troublante de beauté dans son approche. Et, surtout, chantée en duo pour un maximum d’effet. On pouvait difficilement demander une meilleure conclusion à cet opus de 34 minutes.

L’album homonyme de La Force n’est pas le genre qui nous accrochera à la première écoute, et c’est bien parfait comme ça : il contient beaucoup de belles choses (incluant les textes, même si on n’en parle pas particulièrement dans cette critique) et certaines qui doivent être apprivoisées pour être appréciées à leur juste valeur. Cela reste surtout un premier album et une première occasion de montrer ce que Ariel Engle a vraiment dans le ventre comme auteure-compositrice. Sans être parfait, disons que l’exercice est plus que réussi et nous donne hâte de savoir ce qu’elle nous réserve pour la suite!

À écouter : Lucky One, Can’t Take, Epistolary Love Song

7,8/10

Par Olivier Dénommée

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