Ghostwritten Chronicles – Bears of Legend

Bears of Legend GCSorti le 28 avril 2015

Originaire de la Mauricie, le groupe folk Bears of Legend mise sur un mélange efficace de musique traditionnelle et de rock progressif, sur des thèmes qui essaient de sortir des sentiers battus. Le nouvel album de la formation, Ghostwritten Chronicles, en est un bel exemple.

Comme fil conducteur, on a pris un vieux journal de bord retrouvé sur un voilier, et on a imaginé des histoires se déroulant il y a quelques centaines d’années. Ajoutez à cela quelques instruments plus orchestraux et folkloriques, et vous avez presque à coup sûr une formule gagnante.

Comme introduction à l’album, on a droit, sur Be Mine, All Mine, à quelques bruits de vagues, puis une ligne ukulélé-voix avant d’arriver au cœur du sujet : une orchestration assez complète (7 musiciens) sans être trop lourde, avec une belle énergie qui arrive à être à la fois ensoleillée et mélancolique. Entrée en matière intéressante, mais encore rien de surprenant, surtout si vous connaissez le style du groupe. The Arkansas River poursuit dans à peu près la même veine, avec quelques passes plus folkloriques fort réussies et des mélodies plus efficaces encore. En fait, celle-ci rappelle beaucoup le style de Mumford & Sons.

Première chanson lente de l’opus, When I Saved You From the Sea, en valse, semble nous bercer au gré des vagues. Chapeau au travail de l’accordéon qui contribue beaucoup à l’ambiance, et à l’ambiance qui devient lourde et épique vers 2 minutes 40. Soudainement, semble presque nous transporter au Far West, du moins avec son début, avec ses sifflements et son banjo. Et la belle montée a lieu dans le dernier tiers de la chanson.

On y va aussi dans un registre plus indie-folk-rock avec Challenge Me. Bien fait et efficace, mais tellement exploité dans la musique ces dernières années qu’il n’y a pas vraiment de surprise ici. Encore, douce ballade folk, est le seul titre en français de l’album, souffre à peu près du même problème, jusqu’au dernier tiers, où on revient en force avec une musique dansante.

Un relent de Mumford & Sons se fait encore entendre, cette fois sur fond plus pop avec You. Beside Me et Hell No aussi poursuivent cette petite tendance pop-folk, avec un refrain simple, mais très accrocheur.

Petit retour à la ballade berçante avec She Breaks me Down. Encore une fois, le refrain est à donner des frissons, avec un passage plus percussif à la fin qui nous amène au dernier refrain, tout en mélancolie. Mélancolie qui se poursuit avec We Rise. Sans parler du dernier mot de l’album, In the Middle of the Sea, qui rappelle un peu Le cœur en téflon de Louis-Jean Cormier, surtout dans le refrain. Quelques belles montées nous amènent à une fin plus énergique que douce, histoire de conserver un certain momentum.

C’est décidément une belle évolution, un vrai bond en maturité après Good Morning Motherland (2012), qui n’avait pas autant réussi à se démarquer des trop nombreux bands d’indie-folk de ce monde. Bears of Legend réussit ici l’exploit de nous faire voyager, dans le monde et dans le temps, rien qu’en fermant les yeux. L’album demeure tout de même inégal par moments, signe que le band n’a pas encore tout à fait fini de peaufiner sa direction. Nous avons déjà hâte d’entendre la suite!

L’album est disponible sur Bandcamp.

À écouter : The Arkansas River, When I Saved You From the Sea, Encore

7,8/10

Par Olivier Dénommée

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