PMJ is for Lovers: The Love Song Collection – Scott Bradlee’s Postmodern Jukebox

pmj-is-for-lovers_-the-love-song-collection-1Sorti le 21 janvier 2016

Vous avez sans doute déjà croisé une de leurs vidéos dans votre fil d’actualités Facebook, puisqu’ils ont publié en 2016 une reprise de la populaire chanson thème du film Titanic, My Heart Will Go On, qui devenue virale en très peu de temps. Sous la direction musicale du pianiste Scott Bradlee, (qui donne également son nom au groupe) survolons PMJ is for Lovers: The Love Song Collection, un album qui réunit les chansons d’amour les plus actuelles comme les plus légendaires.

Le principe est bien simple : on reprend ici des pièces populaires dans des style musicaux variant des années 20 aux années 70. On a peine à reconnaître le thème joué à la trompette de la première piste du disque, une reprise méconnaissable de Love Yourself de Justin Bieber, ici chantée par Sara Niemietz. On laisse beaucoup de place à la trompette, trombone et clarinette dans ce que l’on décrit comme un style années 20 à la Nouvelle-Orléans. On poursuit avec Rude de Magic!, loin d’être dénaturée; j’aime bien le côté smooth de la chanson dans une ambiance des années 50, le tout dans une interprétation nuancée du chanteur américain Von Smith.

Il était impensable de passer à côté d’un classique des Backstreet Boys pour cet album de chanson d’amour un peu quétaine, et c’est I Want It That Way qui a été sélectionnée par le groupe. À la première écoute, je crois d’abord entendre Idina Menzel (La Reine des Neiges, RENT) mais il s’agit en réalité de Shoshana Bean. En effet, les deux excellentes chanteuses ont des voix qui se ressemblent énormément et j’adore les exagérations vocales dans cette interprétation qui en met plein les oreilles. Dans la même veine, My Heart Will Go On que je mentionnais plus haut est tout simplement divine dans cet arrangement vintage rythmé des années 50. Ce n’est pas par hasard que la chanson s’est récoltée plus de 5 millions de vues sur Youtube depuis 1 an. Le chanteur soul Mykal Kilgore offre une prestation démontrant toute sa virtuosité, c’est tout simplement impeccable.

Évidemment, toute reprise ne peut pas être judicieuse. We Found Love de Rihanna & Calvin Harris est simplement un mauvais choix ajouté à la compilation. Hey There Delilah de Plain White T’s est une chanson que j’adore en temps normal, mais ici la voix de la chanteuse Joey Cook est tellement désagréable que j’en viens à la détester. J’ajouterais également que les sonorités apportées dans cette nouvelle version ne rendent pas justice à la douceur des paroles. Les deux derniers intrus du disque seraient Drunk In Love et Halo, toutes deux popularisées par Beyoncé. Pour la première, je trouve simplement que l’arrangement qui en a été fait ne dénature pas assez la chanson. Je m’explique : le groupe a conservé la forme musicale très RnB de la pièce originale, ce qui ne convient pas du tout à leur version swing des années 40 qu’ils ont choisi de faire. Concernant la deuxième, le chanteur beurre juste trop épais. Je comprends que celui-ci (LaVance Colley) a voulu démontrer son plein potentiel vocal, et c’est tout à son honneur, mais c’est juste trop et ça devient agressant vers la fin de la chanson.

On laisse une place de choix aux ballades et chansons ultra-romantiques telles que Lovefool (The Cardigans), que l’on peine à reconnaître dans la voix d’Haley Reinhart. Je ne connaissais pas No Diggity de Blackstreet et J’ADORE ce qu’ils en ont fait : dans le style de Jessica Rabbit, c’est un pur délice empreint de sensualité interprété par Ariana Savalas. All of Me de John Legend est aussi de la partie, ici réinventée par l’étonnante Kiah Victoria qui n’avait alors que 21 ans. Le classique de The Darkness, I Believe in a Thing Called Love, est juste assez sexy dans la voix de la superbe Maiya Sykes. C’est finalement l’étonnant Blank Space qui clôt le tout.  On y retrouve l’exotisme d’Ariana Savalas dans ce numéro musical style cabaret, qui se démarque avec brio de la version originale de Taylor Swift.

La force du Scott Bradlee’s Postmodern Jukebox est définitivement sa capacité unique à nous ramener à différentes époques, et c’est ce qui fait de ce disque un succès garanti. Je ne considère pas celui-ci comme un chef-d’œuvre puisque ce n’est malheureusement pas un sans-faute pour la formation musicale originaire des États-Unis. Une chose demeure : c’est exactement le type de musique que je ferais jouer durant un souper romantique de Saint-Valentin, en amoureux ou en amis.

À écouter : Lovefool, No Diggity, I Believe in a Thing Called Love

7,2/10

Par Audrey-Anne Asselin

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