Ram – Paul & Linda McCartney

Sorti le 17 mai 1971

Dans les mois qui ont suivi la sortie de son premier album solo, McCartney, Paul McCartney s’est lancé dans un nouvel ouvrage, cette fois en duo avec sa femme Linda. Ram sera le seul album accrédité au couple, puisqu’ils poursuivront ensuite leur collaboration dans Wings. Ceci étant dit, la particiption de Linda McCartney se limite essentiellement aux harmonies vocales, même si Paul partage les crédits de composition avec elle sur plusieurs pistes.

La critique à l’époque avait démoli l’album, mais le remaster de 2012 a permis à plusieurs d’écouter Ram avec des oreilles nouvelles. Qu’en est-il?

On peut entendre Too Many People en début d’album. Les lignes mélodiques sont intéressantes (quoi qu’on en dise, ça reste du Paul McCartney), mais on se demande parfois s’il ne s’agit pas de bouts de chansons collées ensemble pour arriver à un produit d’une durée respectable. Quand à 3 Legs, on a droit à un petit blues plutôt insignifiant si ce n’est qu’il envoie des piques à ses anciens amis des Beatles.

La courte Ram On permet de découvrir le côté rêveur de McCartney. Étrangement, la piste se termine par un fade out qui semble reprendre où il l’a laissé à l’avant-dernière piste de l’opus, pour une minute supplémentaire… qui se termine encore par un fade après avoir explosé en rock quelques secondes auparavant. Une autre impression de travail incomplet.

La prochaine portion de l’album est beaucoup plus réussie : l’écoute se poursuit avec Dear Boy, morceau plus chargé musicalement et déjà plus mémorable. Même Uncle Albert/Admiral Halsey, deux chansons incomplètes mises ensemble, réussissent leur pari est deviennent ensemble une des pistes mémorables de l’album malgré quelques interventions vocales un peu bizarres dans la seconde moitié. Quand au rock de Smile Away, il nous rappelle la redoutable simplicité des compositions de McCartney.

Nos sentiments sont plus mitigés pour la suite, que ce soit pour Heart of the Country, dans la simplicité, mais pas tout à fait accrocheuse, et Monkberry Moon Delight qui mêle des éléments réussis et d’autres tout simplement irritants. Même Eat at Home et Long Haired Lady, plus égales dans leur traitement, manque d’un ingrédient magique pour les rendre mémorable. Reste la dernière piste, The Back Seat of My Car, dernier effort réussi pour conclure avec force cet album quelque peu inégal.

On comprend assez aisément pourquoi plusieurs ont tendance à considérer Ram comme un album solo de Paul McCartney, mais aussi pourquoi la critique a été aussi dure à l’époque. L’opus est inégal et essaie trop de mélanger des éléments plus expérimentaux et les mélodies dignes de l’ancien groupe de McCartney. Mais il faudrait être franchement de mauvaise foi pour dire qu’il est 100% mauvais! C’est simplement un exemple flagrant d’une époque où le grand compositeur se cherchait toujours une identité post-Beatles. Avec du recul, peut-on vraiment le blâmer?

À écouter : Dear Boy, Uncle Albert/Admiral Halsey, The Back Seat of My Car

6,9/10

Par Olivier Dénommée

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