Wolves – Rise Against

Sorti le 9 juin 2017

Le 8e album du groupe punk-rock Rise Against devait initialement s’appeler Mourning in America, mais la tournure des dernières élections américaines ont incité à changer un peu le thème, devenant Wolves, dit-on. Les habitués du groupe ne sont pas surpris d’entendre les thèmes politiques très présents, visant plus ou moins directement la présidence de Donald Trump au sud de la frontière.

Le son de Rise Against s’est vraisemblablement figé ces dernières années. Après plusieurs albums à évoluer subtilement dans la construction musicale, atteignant selon nous son apogée avec Appeal to Reason et Endgame, avant d’être repris dans The Black Market. Wolves promettait d’être plus mordant (assez littéralement, vu le titre), mais à part le thème derrière l’album qui semble plus urgent que jamais, l’intensité n’est pas particulièrement différente. La chanson-titre, qui ouvre l’album, aurait très bien pu être écrire il y a 10 ans et, même si le refrain a quelques éléments accrocheurs, on ne peut pas dire que c’est l’entrée en matière la plus solide du groupe.

House on Fire, juste après, présente du matériel au potentiel radiophonique certain, avec en prime un refrain contenant des «woah», une des marques de commerce du band. S’ensuit le single The Violence, misant tout sur son puissant refrain qui restera vite en tête, nous rappelant les belles années du groupe. Welcome to the Breakdown tente aussi de nous rappeler une époque plus intense de Rise Against, ramenant même quelques éléments de hardcore. Far from Perfect est plus douce, et semble quitter un peu le spectre politique, pour mieux revenir à la colère avec Bullshit.

Nous en sommes à la moitié de l’album, et on a l’impression de déjà le connaître, dès la première écoute. Les mélodies, les constructions, les effets occasionnels dans la voix de Tim McIlrath, tout semble avoir déjà été fait par le passé. La formule fonctionne, oui, mais quand on a écouté la discographie complète de Rise Against, l’effet se dissipe vite.

Continuons : Politics of Love est une chansons dans le registre de Far from Perfect, suivie des somme toute efficaces Parts per Million et Mourning in America. On atteint finalement un sommet avec How Many Walls, qui frappe l’imaginaire par ses paroles. Dommage, Miracle ne termine pas l’album avec le momentum voulu, malgré des bons éléments.

Mettez l’album Wolves dans une liste contenant les succès de Rise Against des 15 dernières années, et vous n’y verrez que du feu, signe qu’il y a des bons éléments ici. Le problème est vraiment que ces bons éléments ont été entendus ad nauseam par le passé, ce qui dilue dangereusement leur effet. La critique que plusieurs ont fait de ce 8e album, c’est que vu la situation politique aux États-Unis, on aurait pu avoir quelque chose d’infiniment plus agressif. C’est vrai qu’on ne sent pas plus d’intensité sous Trump qu’avec les deux derniers albums écrits sous le règne de Obama. Pour un band punk aussi engagé, ça en inquiète plus d’un!

À écouter : The Violence, Mourning in America, How Many Walls

6,9/10

Par Olivier Dénommée

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